14.05.2007

L'ANPE dans les fraises

Chacun le sait, la réalité dépasse bien souvent la fiction. Un ami entrepreneur en a eu, dernièrement, l'indubitable confirmation.

Désireux de recruter un fraiseur pour le nouveau site de son entreprise, il transmet naturellement sa demande à l'ANPE locale dont, par bonté d'âme, nous tairons le nom. Une demande formulée certes rapidement, mais de manière explicite.

Fort de ce renseignement, le conseiller de l'agence pour l'emploi se lance avec zèle dans la recherche d'un salarié correspondant au profil recherché. Avec succès, visiblement, car dès le lundi suivant, le fraiseur tant attendu se présente sur le chantier.

Plein de bonne volonté, notre homme semble néanmoins vite désorienté par la teneur du travail qui lui est confié. Avant de lâcher qu'il y a vraisemblablement une légère méprise : sa spécialité à lui, ce serait plutôt la collecte des fraises. Un ange passe. L'ANPE se surpasse.

08.05.2007

La faculté de payer

Ayant un rendez-vous professionnel il y a peu, avec un universitaire, j'ai repris avec un brin de nostalgie le chemin de la fac. Direction Paul Valéry. Néo montpellierain, je (re)découvre l'enseignement supérieur tel que je l'avais quitté il y maintenant plus d'un décennie. (Oui, déjà...) Toujours autant de monde... Accueilli tant bien que mal... Et le même casse tête pour se garer.
Autre ville mais moeurs identiques. Inusable et active, je retrouve la terreur de ma jeunesse : la camionnette de la fourrière. Déjà, à Clermont, elle arpentait avec délice les ruelles autour de la fac et prélevait sa dîme sur les étudiants indélicats en mal de stationnement.
En 2007, la pervenche est certes, sous le soleil, plus bronzée, mais tout aussi zélée. Le professionnalisme incarné. Carnet à la main, elle griffonne d'une main assurée. Et les amendes pleuvent comme à Gravelotte. Tandis que la fourrière bat les records et enlève à la chaîne les voitures des contrevenants alignées en file indienne sur les trottoirs. Jackpot assuré.
La loi est la loi me rétorquerez-vous. Ne suis-pas allé me garer plus loin ? Quitte à marcher un petit quart-d'heure... Pour autant, à vaincre sans péril, on encaisse sans gloire. Le manque criant de places de parkings autour des universités installées au coeur des villes n'est pas un problème nouveau. Mais on n'est visiblement pas arrivé à le résoudre en continuant à prendre les étudiants pour des vaches à lait.

02.05.2007

Que le duel commence !

Vous en redemandez du débat d'idée ? De la confrontation des points de vue ? De l'analyse des programmes ? Alors, passez votre chemin. Tout a été dit pendant cette campagne.
Ce soir, au coucher du soleil, les grands fauves seront de sortie pour la grand-messe cathodique. Et même si on s'en défend, il en faudra pour notre argent. Le sang doit couler. Qu'elle sera la petite phrase la plus assassine de la soirée ? Celle que l'on retiendra. Passant à la postérité et réduisant à l'oubli plus de deux heures de débat ?
Depuis plusieurs semaines, les médias nous ont refait l'historique de ces débats lancés en 1974. Il est vrai que l'on a été sevrés durant douze ans. Mais, à chaque fois, cette chronologie se résume aux réparties entendues et rabâchées jusqu'à la nausée. Un petit coup "d'homme du passif", une petite pincée de "monopole du coeur", une enième louchée de "dans les yeux, je le conteste". A moins d'habiter sur une autre planète, qui ne connait pas ces répliques ?
Certes, elles font aujourd'hui partie de notre histoire politique et médiatique. De notre mémoire collective. Mais, résument-elles, pour autant, les débats d'idées de l'époque ? C'est à voir. Alors, constater que des médias tels que Radio France ou Le Monde mettent eux-aussi systématiquement en avant ces petites joutes verbales, lors de leurs émissions ou au fil de leurs articles, laisse dans la bouche un petit goût d'inachevé. Eclairant en miroir, notre société actuelle où le culte de la communication règne en maître.