12.06.2007

Far south routier

Le far south routier languedocien n'a, depuis mon arrivée en ce beau pays, de cesse de m'étonner. L'imagination y est incontestablement au pouvoir. La queue de poisson, dans un souci aigu de pluralité, se pratique par la gauche ou la droite. Et les majeurs, visiblement en manque d'exercice, aiment à se dresser de manière ostentatoire vers le ciel. Il est vrai que le latin n'a pas encore totalement éclipsé le lointain sous-bassement religieux de sa culture ancestrale.

J'ai aussi raté de peu une rencontre météorique avec une moto proche de la vitesse du son. Et son conducteur, apparemment contrarié de me trouver sur sa trajectoire, s'est avéré lui aussi très doué pour la surenchère sonore et verbale. M'offrant un inventaire de noms d'oiseaux des plus exotiques. Une occasion instructive de découvrir quelques charmantes espèces locales.

Lundi dernier, la chaleur a du estomper les dernières inhibitions. Je suis ainsi resté bloqué plusieurs minutes derrière un coupé BMW arrêté en plein milieu de la chaussée. Ne doutant de rien, le tout jeune loustic au volant de sa berline (voiture sûrement gagnée à l'ouverture d'un paquet de Kinder surprise) comptait en effet ouvertement fleurette à une jeune femme bloquée en sans inverse dans un embouteillage. Avant de se résoudre à repartir, queue basse et pied sur le champignon ; tous pneus crissants.

Deux cents mètres plus loin, à l'entrée de l'autoroute, deux véhicules refusaient obstinément de se céder réciproquement le passage. Au point de finir tous deux sur le bas côté, dans le gravier... Du grand art.

08.05.2007

La faculté de payer

Ayant un rendez-vous professionnel il y a peu, avec un universitaire, j'ai repris avec un brin de nostalgie le chemin de la fac. Direction Paul Valéry. Néo montpellierain, je (re)découvre l'enseignement supérieur tel que je l'avais quitté il y maintenant plus d'un décennie. (Oui, déjà...) Toujours autant de monde... Accueilli tant bien que mal... Et le même casse tête pour se garer.
Autre ville mais moeurs identiques. Inusable et active, je retrouve la terreur de ma jeunesse : la camionnette de la fourrière. Déjà, à Clermont, elle arpentait avec délice les ruelles autour de la fac et prélevait sa dîme sur les étudiants indélicats en mal de stationnement.
En 2007, la pervenche est certes, sous le soleil, plus bronzée, mais tout aussi zélée. Le professionnalisme incarné. Carnet à la main, elle griffonne d'une main assurée. Et les amendes pleuvent comme à Gravelotte. Tandis que la fourrière bat les records et enlève à la chaîne les voitures des contrevenants alignées en file indienne sur les trottoirs. Jackpot assuré.
La loi est la loi me rétorquerez-vous. Ne suis-pas allé me garer plus loin ? Quitte à marcher un petit quart-d'heure... Pour autant, à vaincre sans péril, on encaisse sans gloire. Le manque criant de places de parkings autour des universités installées au coeur des villes n'est pas un problème nouveau. Mais on n'est visiblement pas arrivé à le résoudre en continuant à prendre les étudiants pour des vaches à lait.