01.06.2007
Profession politique
Le métier de nos hommes politiques n'est pas de tout repos. Comment être partout à la fois ? Quitte même, à être pertinent ? Petit manuel de l'intervention en coup de vent, à l'usage du néophyte.
1. Ne jamais arriver en avance à un rendez-vous. Vos interlocuteurs s'en chargent.
2. S'il s'agit d'une manifestation assez longue, prévoir même d'arriver en retard. J'ai toujours été admiratif des entrées en scène de Valery Giscard d'Estaing lors des concerts de l'orchestre d'Auvergne. Généralement, il redécouvrait la musique classique quelques mois avant les élections. L'orchestre et le chef prenaient place sous les applaudissements. Puis, avant que les lumières ne s'éteignent, la grande silhouette guindée rejoignait son siège en toute "discrétion", non sans avoir salué quelques personnalités clermontoises.
3. S'il s'agit d'une conférence ou d'un débat, le mieux est d'arriver en plein milieu. Une tactique, là aussi éprouvée, à laquelle j'ai assisté la semaine dernière à Montpellier. La conseillère régionale en question s'avance au milieu de l'assistance ; puis, debout, se fige jusqu'à l'arrêt de l'auditeur, quelque peu surpris. Il est alors temps de saluer l'assistance, concrêtement informée de la haute attention portée par l'édile locale.
4. Une fois sur place, le politique, systématiquement, intervient. Ne pas le faire (je ne l'ai jamais vu), serait une faute professionnelle. La question n'étant pas d'avoir forcément quelque chose à dire, mais bien de le faire savoir. Le contraste était d'ailleurs saisissant à cette même soirée. Des hommes (et femmes) de dossier évoquaient fort concrètement certaines entraves à l'exportation. Et ils s'effacèrent, face à une assistance à la fois gênée et amusée, pour écouter une grandiloquente envolée sur le souffle entrepreneurial du Languedoc Roussillon (pourtant l'une des régions les plus sinistrées économiquement d'Europe), l'amitié entre les peuples et la joie de vivre dans une région baignée par le soleil.
5. Une fois portée la bonne parole, ne pas traîner inutilement. Sortir bien plus discrètement, au moment d'un discours ayant, lui, retenu l'attention du public.
6. Ne pas tenir compte de ces conseils (ou faire expressement l'inverse) si l'on est soi même l'organisateur de la soirée.
18:45 Publié dans Actualités, Coup de coeur/Coup de griffe, Débat/Forum, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Giscard d'Estaing, politique, discours



Commentaires
Bonjour
Pouvoir écrire sur un blog, ce que jamais au grand jamais, un journaliste digne de ce nom ne pourrait écrire dans un papier événementiel comme celui qui a d'ailleurs dû être écrit à propos de cette soirée à la Région, pourquoi pas, tant mieux et mille bravos.
Le journal s'appelle "Midi Libre"-Libre, on a bien lu!-, après tout; le blog est une affaire personnelle, un complément au"reste", une touche de vérité en plus, un regard plus juste, une lumière plus blanche sur nos petits travers à tous et que les hommes -et femmes-politiques en prennent un peu pour leur grade, pourquoi pas, encore. Ils l'ont bien cherché. Ils sont en première ligne de personnages publics- ELUS- et n'ont qu'à pas se présenter s'ils ne veulent pas quelques petits retours de bâton sur leurs tics du métier.
Donc, que M.Amadon se permette d'être quelque peu "irrévérencieux", même si je pense qu'il fait preuve d'un certain courage en prenant les risques qu'il prend sur ce blog- de "la maison", n'oublions pas-j'applaudis encore très fort celui qui à mon avis redonne une certaine brillance, du lustre, du sel et de la saveur au métier de journaliste.
Mais alors, pourquoi ce professionnel, qu'on ne peut en tous cas pas soupçonner de "connivence avec le Pouvoir", est-il en droit de pouvoir écrire de telles lignes, alors qu'un illustre anonyme de correspondant de presse local de ma connaissance, s'est fait virer illico par sa rédaction, pour avoir écrit mille fois moins que cela en matière de vérités propres à son activité et à celle du journalisme en général, qu'il connaît de longue date , sur un blog voisin- qui autorise d'ailleurs en bandeau "les coups de gueule" et c'en n'était même pas un!- sous prétéxte qu'il avait"marqué des buts contre son camp"?
Y aurait-il deux poids deux mesures à Midi Libre? Ou alors des petites susceptibilités plus marquées localement? Ou encore, mais c'est une autre histoire, une autre politique de l'information du journal qui se serait mise en place -dans ce cas précis-en saisissant au bond cet énorme faux-prétexte d'un mec qui a soi-disant dérapé.
Je résume:M.Amadon a le droit de "taper" sur une élue régionale; le CLP lambda de Trifouillis-les-Oies, irréprochable dans son boulot mais qui s'interroge (sur le blog) sur le bien-fondé d'une action de la maison MidiLibre, hop! il saute aussitôt !!!
Dernière remarque:des joueurs de foot qui"marquent un but contre leur camp", ça arrive. Sont-ils pour autant virés de leur club le lendemain?
Merci encore aux écrits de M.Amadon qui permettent encore de soulever un débat qui vaut , à mon sens, d'être mené.
Ecrit par : Francoli | 02.06.2007
Merci, Francoli, de prendre la peine de répondre aussi longuement à mes petits billets "récréatifs".
Néanmoins, deux petites précisions.
D'une part, liberté d'expression ne veut pas dire cracher dans la soupe. Dans n'importe quel entreprise ou administration, on ne dénigre pas publiquement son employeur pour le simple plaisir de se donner l'impression d'être libre. Quant à s'étonner d'être ensuite écarté, n'est-pas là tout de même fausse naïveté...
Ensuite, je constate que si l'on égratigne la majorité régionale, on est le hérault de la liberté d'expression. Mais lorsque Nicolas Sarkozy suscite l'ironie,, comme ce fut le cas pour un un précédent billet, il s'agit de parti pris.
N'y aurait-il pas une certaine partialité dans ce regard ?
Ecrit par : Frédéric | 04.06.2007
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