12.06.2007

Far south routier

Le far south routier languedocien n'a, depuis mon arrivée en ce beau pays, de cesse de m'étonner. L'imagination y est incontestablement au pouvoir. La queue de poisson, dans un souci aigu de pluralité, se pratique par la gauche ou la droite. Et les majeurs, visiblement en manque d'exercice, aiment à se dresser de manière ostentatoire vers le ciel. Il est vrai que le latin n'a pas encore totalement éclipsé le lointain sous-bassement religieux de sa culture ancestrale.

J'ai aussi raté de peu une rencontre météorique avec une moto proche de la vitesse du son. Et son conducteur, apparemment contrarié de me trouver sur sa trajectoire, s'est avéré lui aussi très doué pour la surenchère sonore et verbale. M'offrant un inventaire de noms d'oiseaux des plus exotiques. Une occasion instructive de découvrir quelques charmantes espèces locales.

Lundi dernier, la chaleur a du estomper les dernières inhibitions. Je suis ainsi resté bloqué plusieurs minutes derrière un coupé BMW arrêté en plein milieu de la chaussée. Ne doutant de rien, le tout jeune loustic au volant de sa berline (voiture sûrement gagnée à l'ouverture d'un paquet de Kinder surprise) comptait en effet ouvertement fleurette à une jeune femme bloquée en sans inverse dans un embouteillage. Avant de se résoudre à repartir, queue basse et pied sur le champignon ; tous pneus crissants.

Deux cents mètres plus loin, à l'entrée de l'autoroute, deux véhicules refusaient obstinément de se céder réciproquement le passage. Au point de finir tous deux sur le bas côté, dans le gravier... Du grand art.

01.06.2007

Profession politique

Le métier de nos hommes politiques n'est pas de tout repos. Comment être partout à la fois ? Quitte même, à être pertinent ? Petit manuel de l'intervention en coup de vent, à l'usage du néophyte.

1. Ne jamais arriver en avance à un rendez-vous. Vos interlocuteurs s'en chargent.

2. S'il s'agit d'une manifestation assez longue, prévoir même d'arriver en retard. J'ai toujours été admiratif des entrées en scène de Valery Giscard d'Estaing lors des concerts de l'orchestre d'Auvergne. Généralement, il redécouvrait la musique classique quelques mois avant les élections. L'orchestre et le chef prenaient place sous les applaudissements. Puis, avant que les lumières ne s'éteignent, la grande silhouette guindée rejoignait son siège en toute "discrétion", non sans avoir salué quelques personnalités clermontoises.

3. S'il s'agit d'une conférence ou d'un débat, le mieux est d'arriver en plein milieu. Une tactique, là aussi éprouvée, à laquelle j'ai assisté la semaine dernière à Montpellier. La conseillère régionale en question s'avance au milieu de l'assistance ; puis, debout, se fige jusqu'à l'arrêt de l'auditeur, quelque peu surpris. Il est alors temps de saluer l'assistance, concrêtement informée de la haute attention portée par l'édile locale.

4. Une fois sur place, le politique, systématiquement, intervient. Ne pas le faire (je ne l'ai jamais vu), serait une faute professionnelle. La question n'étant pas d'avoir forcément quelque chose à dire, mais bien de le faire savoir. Le contraste était d'ailleurs saisissant à cette même soirée. Des hommes (et femmes) de dossier évoquaient fort concrètement certaines entraves à l'exportation. Et ils s'effacèrent, face à une assistance à la fois gênée et amusée, pour écouter une grandiloquente envolée sur le souffle entrepreneurial du Languedoc Roussillon (pourtant l'une des régions les plus sinistrées économiquement d'Europe), l'amitié entre les peuples et la joie de vivre dans une région baignée par le soleil.

5. Une fois portée la bonne parole, ne pas traîner inutilement. Sortir bien plus discrètement, au moment d'un discours ayant, lui, retenu l'attention du public.

6. Ne pas tenir compte de ces conseils (ou faire expressement l'inverse) si l'on est soi même l'organisateur de la soirée.

23.05.2007

Le travail récompensé...

Notre respecté président aime les journalistes. Et il n'hésite pas à récompenser ceux qui ont travaillé tôt la matin et tard le soir, le tout avec un zèle admirable, au fil de cette longue et harassante campagne électorale.
Catherine Pégard, rédactrice en chef du service politique et éditorialiste au Point (et qui à ce titre, a suivi de très près la campagne du candicat Sarkozy) a ainsi été nommée au poste de conseiller du président.
Myriam Lévy du Figaro, devient elle, tout naturellement, conseillère auprès du premier ministre pour la communication.
Quant à Laurent Solly, ancien chef de cabinet de Nicolas Sarkozy place Beauvau, il obtiendrait le poste de directeur général adjoint de... TF1.
La communication politique a encore de beaux jours devant elle. Mais le mélange des genres, de manière aussi ostensible, n'aide guère à redorer le blason d'une profession si souvent suspectée de connivence avec le pouvoir.